Diverticulite : comment soulager une crise et éviter les récidives

Une personne âgée atteinte de diverticulite pose les mains sur son ventre, exprimant une douleur abdominale.

La diverticulite est une inflammation souvent douloureuse du côlon qui peut sérieusement altérer la qualité de vie de la personne atteinte. Évolutive avec l’âge et touchant particulièrement les femmes, elle concernerait plus de 3 millions de patients, dont la majorité des personnes âgées de plus de 80 ans. Elle se manifeste par des douleurs, de la fièvre, et des troubles digestifs. Lorsqu’elle se complique (abcès, péritonite), elle peut avoir des conséquences importantes pouvant aller jusqu’à une hospitalisation. Pour éviter toute complication, en cas d’apparition des symptômes, il est strictement nécessaire de recourir à un médecin. Mais comment reconnaître une crise ? Que faire pour la soulager rapidement ? Et surtout, comment éviter qu’elle ne se reproduise ? Dans cet article, CetteFamille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans l’accueil familial et les colocations senior fait le point complet.

Qu’est-ce qu’une crise de diverticulite ?

Cette pathologie qui présente des signes tels que des douleurs abdominales intenses associées généralement à une fièvre est à distinguer de la diverticulose qui se présente comme un dysfonctionnement sans conséquence pour le patient.

Diverticulite : de quoi s’agit-il ?

La diverticulite est une inflammation ou une infection de diverticules, de petites poches qui se forment dans la paroi du côlon, le plus souvent dans la partie gauche du gros intestin, au niveau du côlon sigmoïde. Par prolongement, on l’appelle aussi la diverticulite du sigmoïde. Dans la majorité des cas, elle est asymptomatique. Ces poches sont fréquentes avec l’âge et sont généralement bénignes lorsqu’elles ne provoquent aucun symptôme : on parle alors de diverticulose.

Il arrive toutefois que les diverticules s’enflamment. Cela déclenche une crise de diverticulite qui s’accompagne de douleurs intenses au niveau de l’abdomen et peut nécessiter un traitement. Si les douleurs disparaissent d’elles-mêmes, aucune intervention médicale n’est nécessaire. Dans les cas les plus graves, un abcès, se présentant comme un amas de pus dans la cavité sortie, ou pire une péritonite peuvent apparaître. Dans ce dernier cas, le recours à la chirurgie se présente comme une nécessité vitale, là où l’abcès peut parfois se soigner à l’aide d’antibiotiques.

Différence entre diverticulite et diverticulose

La diverticulite sigmoïde touche la partie gauche du côlon, directement liée au rectum. Elle est un trouble de la digestion causé par la présence de diverticules enflammées dans le colon sigmoïde ou pelvien, au croisement du gros intestin. Il s’agit donc d’une inflammation d’origine diverticulaire. Elle provoque des douleurs pouvant toucher la fosse iliaque gauche, l’abdomen et être associée à une fièvre intense. Une inflammation aiguë du péritoine (péritonite) et une sténose peuvent être déclenchées nécessitant une prise en charge en urgence, médicale voire chirurgicale.

La diverticulose est une anomalie anatomique acquise (transmise) du côlon. Elle implique la présence asymptomatique de diverticules au sein du tube digestif. Lorsque les diverticules (hernies) sont localisés ailleurs (estomac, intestin grêle), le trouble associé se nomme autrement. C’est donc spécifiquement leur présence sur le tube digestif qui leur donne cette définition. La diverticulose est souvent découverte fortuitement lors d’examens digestifs.

Quels sont les symptômes d’une crise de diverticulite ?

Si les troubles énumérés ci-après se présentent et s’inscrivent dans une durée de plusieurs jours, il est recommandé de consulter un médecin. Les troubles du transit, l’apparition de douleurs dans la partie gauche du ventre, auxquelles sont associées dans 50% des cas de la fièvre sont les 3 signes les plus fréquents. Dans 90% des cas, ces symptômes amènent au diagnostic d’une crise de diverticulite. Appelée appendicite gauche, la crise peut évoluer dans son intensité et provoquer l’apparition d’abcès voire de perforation sur le gros intestin. Au sein de l’abdomen, la présence d’une hémorragie peut être observée.

À ces trois signes principaux peuvent être associés les symptômes suivants : 

  • Ballonnements ;
  • Nausée voire vomissements ;
  • Diarrhée ou constipation ;
  • Sensibilité accrue au toucher dans la zone douloureuse.

Ces symptômes, s’ils sont identifiés varient d’une personne à une autre tant dans la survenance de leur apparition (plus ou moins rapide) que dans leur niveau d’intensité de manifestation.

Qu’est ce qui cause une crise de diverticulite ?

Aucune donnée précise n’a été apportée pour expliquer l’apparition d’une crise. Elle serait liée à la combinaison de différents facteurs à la fois génétiques, liés au mode de vie et à l’alimentation de la personne.

Les facteurs suivants augmenteraient le risque d’apparition : 

  • une alimentation pauvre en fibres ;
  • le surpoids ou l’obésité ;
  • la constipation chronique ;
  • des déséquilibres du microbiote intestinal ;
  • le tabagisme ;
  • le manque d’activité physique ou la sédentarité liée au vieillissement.

Il est important de savoir que la prise de certains médicaments peut participer à augmenter le risque d’apparition de cette pathologie : médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (médicaments utilisés dans le traitement de la douleur, de la fièvre et des inflammations comme l’ibuprofène) et ceux de chimiothérapie.

Ces facteurs s’ils sont réunis peuvent expliquer une crise qui se matérialise par la stagnation des résidus d’aliments ou fécaux au sein du tube digestif qui vieillit avec l’âge. Les aliments partiellement digérés mais encore la constipation empêchant l’évacuation totale des déchets fécaux peut entraîner une inflammation des diverticules qui provoque la naissance d’une diverticulite. Une personne sur cinq serait concernée.

Le traitement de la diverticulite

Le traitement à apporter varie d’une personne à l’autre au regard de ses symptômes, du niveau d’intensité de la douleur et des complications observées. Il en existe donc deux grands types: la simple et la complexe.

Traitement médical : antibiotiques, analgésiques, hospitalisation

En cas de diverticulite simple, aucune hospitalisation n’est requise. Il convient cependant d’adopter ces gestes simples : 

  • boire beaucoup d’eau ;
  • adopter une alimentation légère.

À ces gestes du quotidien s’ajoute souvent :

  • la prise d’un traitement antibiotique pour combattre l’infection ;
  • la prise de médicaments analgésiques pour atténuer les douleurs.

Une fois la crise passée, il est recommandé de maintenir les efforts éprouvés de boire beaucoup et de manger sain pour prévenir les risques de récidive mais aussi éviter la déshydratation et la dénutrition, sujets majeurs chez les personnes âgées.

En cas de diverticulite complexe, c’est-à-dire en cas de fièvre importante et de signes de complications, une hospitalisation peut être requise. Dans ce cas : 

  • un traitement intraveineux d’antibiotique  ;
  • l’installation d’un drain au sein de l’abcès pour le vider de sa substance sont préconisés.

Dans quels cas une chirurgie est-elle nécessaire ?

En cas de récidive de crises diverticulaires pour lesquelles les traitements antibiotiques n’ont plus l’effet escompté, le recours à la chirurgie peut s’envisager. L’apparition de complications sévères comme des abcès, perforations, fistules ou encore péritonite le nécessite également et devient une urgence vitale.

Lorsque la chirurgie est nécessaire, elle se traduit par une résection, c’est-à-dire que le chirurgien retire la portion de côlon atteinte par l’inflammation, souvent le sigmoïde. En règle générale, au lieu de raccorder directement les deux extrémités du côlon (anastomose), l’extrémité saine est amenée à la surface de l’abdomen pour créer une stomie temporaire. Les selles sont alors évacuées dans une poche interne. Raccorder les deux extrémités du côlon immédiatement présente en effet un risque important de fuite, ce qui peut être grave. La résection avec colostomie permet ainsi de mettre au repos le système digestif en toute sécurité. Dans la majorité des cas, une deuxième intervention est programmée quelques mois plus tard pour refermer la stomie et rétablir le passage intestinal normal, une fois que l’inflammation a complètement disparu et que les tissus ont cicatrisé.

Toutefois, il est à noter que l’intervention de la chirurgie ne saurait se suffire à elle-même. Elle doit être accompagnée d’une évolution des habitudes alimentaires et du mode de vie des patients.

Nos conseils pour prévenir les crises de diverticulite

Pour les prévenir, une évolution du mode de vie est strictement nécessaire. Avec l’âge, modifier nos habitudes peut s’avérer être un vrai défi. Il est donc important de faire appel à un aidant familial lorsque cela est possible.

Pour limiter le risque de récidives, il convient de limiter au maximum la sédentarité en ayant recours à une activité physique régulière (marche ou gym douce), manger équilibré en adoptant une alimentation saine riche en fibres (fruits, légumes, grains entiers, légumineuses) mais aussi boire beaucoup d’eau pour permettre au système de digestion un fonctionnement optimal. Surveiller son transit intestinal pour éviter la constipation et éviter le tabac et l’alcool en excès sont également recommandés.

Si vous avez le moindre doute sur les aliments à sélectionner, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou un diététicien, et ce également si vous avez recours aux médicaments sans ordonnance.

Comment la diverticulite est-elle diagnostiquée ?

La plupart du temps asymptomatique, la diverticulose ne nécessite aucun examen parce qu’elle ne provoque aucune douleur. C’est lorsque les diverticules s’enflamment et que les premières douleurs apparaissent que l’on commence à se poser la question d’une complication.

En cas de complication, seul un médecin peut diagnostiquer cette pathologie. Il vous questionnera dans un premier temps sur vos habitudes de médication sans ordonnance, vos antécédents médicaux et familiaux et vos symptômes. Après l’examen physique de votre abdomen et la vérification de vos symptômes, il pourra ordonner le recours à un médecin spécialiste de type gastro-entérologue. Cela permettra de cibler plus précisément et d’éliminer ou de confirmer l’existence d’autres pathologies (infection urinaire, colites, etc.).

Les examens possibles mais non obligatoires, ni complémentaires peuvent être :

  • Pour obtenir des images du système digestif :
    • un scanner abdomino-pelvien (examen de référence pour visualiser les diverticules enflammés) ;
    • une échographie de l’abdomen ;
    • une radiographie abdominale.
  • Pour examiner les selles :
    • une coproculture, notamment prescrite en cas de diarrhée.
  • Pour vérifier l’existence d’une infection urinaire :
    • une analyse d’urine.
  • Pour les inflammations, anémies, problèmes rénaux :
    • une prise de sang.
  • Pour détecter un éventuel problème gynécologique chez la femme : 
    • Un examen pelvien.

Ces examens permettront de déceler la sévérité de la maladie, ses éventuelles complications et d’y associer le traitement adapté.

FAQ

Quelle est la gravité d’une crise de diverticulite ?

La plupart des crises sont bénignes si elles sont prises en charge rapidement. Toutefois, une crise non traitée peut évoluer vers des complications graves et peut aller jusqu’à l’intervention de la chirurgie. Une vigilance s’impose donc, même si les symptômes semblent modérés.

Quels sont les risques et complications de la diverticulite ?

Dans 75% des cas, ces pathologies sont dites « simples » et ne présentent aucune complication. Toutefois, lorsqu’elles se compliquent, elles peuvent laisser apparaître les pathologies suivantes : 

  • rétrécissement de l’intestin (sténose) ;
  • déchirure dans la paroi intestinale (péritonite) nécessitant une prise en charge urgente ;
  • poche infectée de pus (abcès) ;
  • lien anormal entre le côlon sigmoïde et le vagin ou la vessie ;
  • hémorragie digestive.

Dans l’un de ces cas, le recours à la chirurgie est nécessaire. D’où l’importance d’un diagnostic rapide et d’un suivi médical.

Quels sont les aliments à éviter lors d’une diverticulite ?

En période de crise, il est conseillé d’éviter :

  • les aliments riches en fibres insolubles (légumes crus, fruits à peau épaisse) ;
  • les graines et les pépins qui pourraient pénétrer dans le sac diverticulaire ;
  • Les aliments gras ou frits ;
  • les condiments forts (mayonnaise, moutarde, ketchup) qui sont souvent mal tolérés par le côlon ;
  • les aliments fermentescibles (choux, légumineuses, oignons…) ; 
  • les épices ;
  • l’alcool et les boissons gazeuses

Une alimentation liquide ou pauvre en résidus est souvent recommandée temporairement, avant une reprise progressive.

Une fois la crise passée, la consommation d’eau (8 verres par jour) et l’alimentation par fibres (25 à 30g/ jour) et de nature complète (céréales, pains, pâtes…) favorise la digestion et le transit intestinal. Les fibres (haricots, légumineuses, riz brun, banane, poire, pomme, dattes, figues, courge, chou…) ramollissent les selles et ainsi préviennent la constipation. Réduisant aussi la pression sur les parois du côlon, elles contribuent à un meilleur équilibre de la flore intestinale et diminuent les risques de crise.

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